Le Bronze final est une période se situant à des époques très différentes suivant les continents.
L'âge du fer, période marquant la fin de l'âge du bronze, débute en Anatolie au IIe millénaire av. J.-C., puis dans tout le Moyen-Orient et l'Égypte, la Grèce, l'Italie et toute l'Europe vers 900 avant notre ère, et seulement à partir de 500 avant notre ère en Asie.
En Europe de l'ouest, le Bronze final se caractérise notamment par la « civilisation des champs d'urnes ». Les modalités de diffusion des « champs d'urnes » sont souvent difficiles à préciser : invasions, migrations, acculturation, échanges de nature commerciale, probablement toutes suivant les circonstances et les régions.
L'âge du fer est une période de la Protohistoire caractérisée par l'usage de la métallurgie du fer et faisant généralement suite à l'âge du bronze. Cependant, les limites chronologiques de l'âge du fer varient considérablement selon l'aire culturelle et géographique considérée.
L'âge du fer débute vers 1100 av. J.-C. dans le monde méditerranéen et vers 800 à 700 av. J.-C. dans le nord de l'Europe[1].
La métallurgie du fer nécessite une température plus élevée que celle du bronze et donc la connaissance technique d'un four portant à une température de 1 500 °C.
Histoirique
Cet âge est déjà évoqué dans le De natura rerum de Lucrèce, mais comme simple comme hypothèse philosophique[3]. L'invention du terme « âge du fer » est attribuée au chercheur danois C. J. Thomsen[réf. souhaitée]. Elle se fonde sur des idées plus anciennes (notamment celles de l’historien Lauritz Schebye Vedel Simonsen, professeur à l'université de Copenhague, qui avait envisagé en 1813 que les outils des peuples antiques scandinaves avait d’abord été de bois et de pierre avant d’être de cuivre et de fer[4],[5]). Thomsen eut l'intuition, en 1816, de l'emploi successif par l'humanité de la pierre, du bronze et du fer, alors qu'il devait classer les antiquités nationales danoises. Il énonce sa théorie des trois périodes préhistoriques, l’âge de la pierre, l’âge du bronze et l’âge du fer, en 1836 dans Ledetraad til nordisk Oldkyndighed (Guide des antiquités nordiques).
Aujourd'hui, il est admis que cette période succède, en Europe et au Proche-Orient, à l'âge du bronze et précède l'entrée des civilisations concernées dans l'histoire. Il est à noter que certaines régions n'ont jamais connu d'âge du fer tout en connaissant très tôt certaines caractéristiques d'un développement social et/ou technique important. C'est le cas par exemple des civilisations précolombiennes qui connurent une métallurgie de l'or et du cuivre jusqu'à la conquête espagnole. L'Afrique, au contraire, n'a pas connu la métallurgie du cuivre et du bronze mais directement celle du fer[6].
La notion d'âge du fer ne doit donc pas s'entendre comme une notion chronologique ou comme un stade d'évolution, mais simplement comme l'indice d'une technique qui influença durablement et en profondeur certaines sociétés, en particulier en Europe continentale.
Chronologie de l'âge du fer
Proche-Orient, Moyen-Orient et Égypte
Le fer météorique y a été travaillé dès le IIIe millénaire av. J.-C. comme l'attestent des perles de fer de la période prédynastique égyptienne ou un poignard (quelques parcelles de rouille adhérentes au manche) découvert en Mésopotamie à Tell Asmar. Mais les premiers fers fondus à partir de minerai remonteraient au début du IIe millénaire av. J.-C..
Le premier centre métallurgique du fer aurait été situé autour de la mer Caspienne. La connaissance du fer serait passée des Hittites aux Assyriens, puis, les Peuples de la mer l'auraient apportée au Proche-Orient et en Égypte tandis que les Doriens l'apportaient en Grèce et la transmettaient aux Étrusques.
Les Hittites et les Doriens durent leur supériorité militaire à leurs armes de fer[6].
Europe centrale et occidentale
Chronologie de l'âge du fer en Europe
L'âge du fer commence vers le Xe siècle av. J.-C. [réf. nécessaire] et correspond globalement aux manifestations liées aux peuples celtes[réf. nécessaire] (culture de ceux qui se disaient Celtes, ne correspondant pas nécessairement à leur langue[réf. nécessaire]). Il a été subdivisé en deux catégories, nommées d'après des sites éponymes et correspondant à des stades plus qu'à des périodes chronologiques :
Durant ce millénaire, et surtout les sept derniers siècles, des villes sont nées, des états se sont créés, des périodes de développement et de déclin se sont succédé. Les marchandises et les techniques circulaient dans toute l'Europe.
Les complexes techno-économiques de l'âge du fer en Europe
À défaut de connaissances étendues sur les ensembles culturels et politiques de l'âge du fer, la culture matérielle des civilisations européennes de cette période permet de dessiner de grands ensembles géographiques à l'intérieur desquels le matériel des fouilles présente une remarquable homogénéité, tant en termes de technique qu'au niveau des décors.
Ces ensembles ou « complexes techno-économiques » persistent durant les deux âges du fer, « se dilatant et se contractant au gré des circonstances »
Asie
C'est au cours du Ier millénaire av. J.-C. que le travail du fer apparait, en Inde, en Chine puis au Japon où les armes de fer ne deviennent courantes qu'au IIe siècle[6].
Afrique
Si la technique du travail du fer s'est exportée dans le nord de l'Afrique à partir de la Nubie, une métallurgie du fer est apparue dans l'Afrique intertropicale dès le début du Ier millénaire av. J.-C. au Niger, au Kenya puis au Tchad.
Le Hallstatt ou Premier âge du fer est une période succédant à l'âge du bronze final et précédant la période de La Tène ou Second âge du fer (fin de la Protohistoire). Il tire son nom de celui d'un site archéologique qui se trouve à Hallstatt dans le Salzkammergut en Autriche.
Historique
Des fouilles entreprises sur le site de Hallstatt de 1846 à 1876, d'abord par Georg Ramsauer, le directeur de la mine nationale de Hallstatt, puis par l'Académie des sciences de Vienne, révélèrent un cimetière préhistorique du Ier millénaire av. J.-C., ainsi que de nombreux objets de l'âge du bronze et de l'âge du fer en parfait état de conservation grâce à la salinité du sol.
Lorsque l'archéologue suédois B.E. Hildebrand élabora une chronologie de la Protohistoire européenne en 1872, le site donna son nom au « Premier âge du fer », tandis que le Second âge du fer était nommé « La Tène ».
La période de Hallstatt a été subdivisée en quatre phases :
Hallstatt A
Au début du XXe s., le savant allemand Paul Reinecke, [réf. souhaitée] l'inventeur de la séquence chronologique qu'il appliqua pour la première fois à l'Europe centrale, voyait dans la précédente civilisation des Champs d'Urnes non seulement un précurseur, mais une phase précoce de la civilisation celtique de Hallstatt, qu'il subdivisa en deux étapes, Hallstatt A et Hallstatt B. La recherche moderne[réf. souhaitée] n'a par contre retenu que les étapes C et D, le niveau Ha C correspondant au Hallstatt ancien, le Ha D au Hallstatt final.
Hallstatt
(de -1100 à environ -800, âge du bronze final)
Période caractérisée par des épées de bronze et de grandes épées de fer. Les cavaliers à longue épée apparaissent sporadiquement dans les tombes, accompagnés de mobilier funéraire se composant notamment d'un service à boisson, de produits exotiques importés voire d'un char d'apparat dans les tombes à char, symboles de la nouvelle classe dirigeante. L'utilisation du cheval est l’un des attributs qui distinguent les détenteurs du pouvoir.
Hallstatt
(VIIIe siècle av. J.-C., première période de l'âge du fer)
Glaives courts, objets de parures, chars, poterie faite au tour et ornée de motifs géométriques ou très stylisés avec des contrastes de couleurs. Pratique de l’incinération mais également inhumation des morts.
Succédant aux modèles en bronze, les épées de fer sont l’apanage des guerriers du VIIe siècle. Plusieurs d’entre elles, retrouvées dans le cimetière de Hallstatt, confirment leur caractère de privilège, avec des pommeaux revêtus de feuilles d’or, ou sculptés dans de l’ivoire et incrustés d’ambre, ornement que l’on retrouve dans les épées de Chaffois (Doubs) et de Marainville-sur-Madon (Vosges).
Vers la fin du VIIIe siècle et au début du VIIe, des vaisselles en bronze accompagnent fréquemment les épées (sépultures de Magny-Lambert et de Poiseul). À la fin du VIIe siècle, c’est plutôt le char que l’on trouve associé à la vaisselle de bronze (La Côte-Saint-André, Isère). À Hallstatt, les tombes de guerriers ne représentent qu’environ le quart du cimetière, et seulement dix-neuf d’entre elles, des VIIIe et VIIe siècles, livrent de grandes épées et des haches de parade. Plus nombreuses, les tombes du VIe siècle contenaient des poignards à antennes. Les tombes féminines offrent de nombreuses parures, des fibules volumineuses, typiques du goût exubérant de l’époque. Les sépultures riches possèdent très souvent d’impressionnants services en bronze constitués de seaux, situles (seaux aux bords refermés) [1], bassins et tasses.
Le sel, lié au mode de vie sédentaire et au commerce sur de grandes distances, est une richesse nouvelle. Il conditionne la conservation des aliments et sa consommation fortifie les animaux. La crête nord des Alpes en est riche. Le préfixe Hall-, d’origine celtique, désigne dans la région les sites d’exploitation très ancienne (Hallstatt, Hall, Reichenhall, Schwäbisch Hall, etc.). Après avoir traité par dessiccation les eaux salées, les Hallstattiens ont développé, entre le VIIIe et le VIe siècle, le premier et le plus grand centre d’extraction minière du sel gemme. Les mineurs et leurs chefs ont pu venir de différentes régions voisines. Des bûcherons et des charpentiers collaboraient à l’édification de la mine. De riches familles de négociants, des colporteurs et des groupes chargés de la défense de la communauté complétaient ce nouveau modèle de société tourné vers l’extérieur. Le sel a permis la conservation de vestiges organiques tels que des éléments de vêtements et des sacs à dos en cuir utilisés pour remonter les blocs de sel.
Hallstatt
(VIIe siècle av. J.-C.-Ve siècle av. J.-C.)
Vers -600, une grande mine de sel s’ouvre à Hallein, non loin de Hallstatt sur la rive ouest de la Salzach, qui offre des débouchés plus faciles. Le site de Hallstatt décline, les tombes s’y font moins nombreuses et moins riches à partir du Ve siècle.
Les Celtes (ou Germano-celtes) du Hallstatt-D se distinguent par leur opulence, leur société brillante régie par un pouvoir princier et reposant sur le clan, et par le dynamisme de leur culture. Les personnages les plus importants sont les princes, qui se font enterrer, parés de colliers d’or, dans des tombes à char enfouies sous un volumineux tertre funéraire.
Des citadelles sont établies sur des hauteurs dominant de vastes étendues. Parmi les plus importantes, une douzaine sont vraisemblablement les résidences de princes ou de chefs territoriaux, qui jouent un rôle économique et politique, et constituent une puissante fédération de communautés organisées sur le même modèle, en Allemagne du Sud, en Suisse et dans l’Est de la France : Hohenasperg, au nord de Stuttgart, la Heuneburg, près de Sigmaringen, Utliberg, près de Zurich, Châtillon-sur-Glâne, près de Fribourg, Britzgyberg (Haut-Rhin), Saxon-Sion (Vosges), le mont Lassois (Côte-d’Or), Gray-sur-Saône (Haute-Saône), le camp du Château à Salins-les-Bains (Jura), etc.
La citadelle de la Heuneburg a été la plus largement fouillée : son rempart, long de 600 mètres et reconstruit plusieurs fois au VIe siècle, était édifié sur quatre mètres de haut (en briques crues sur une base de pierre) et muni de tours en saillies, technique inhabituelle au nord des Alpes, mais connue dans le monde méditerranéen (Gela, en Sicile). À l’intérieur, des maisons se répartissent le long de ruelles ; à l’extérieur, une agglomération entoure cette sorte d’acropole. De nombreux tessons de céramiques à figure noires et rouge voisinent avec des amphores grecques ou des productions étrusques. L’artisanat local paraît brillant : tour à rotation rapide, réparation et reproduction de produits d’exportation, comme en témoigne le moule en argile d’une attache d’œnochoé (cruche à vin) de style étrusque mais de fabrication locale, ornée d’une tête de silène.
En plaine, d’autres sites ont livré des vestiges identiques à ceux fournis par les citadelles. Il s’agit vraisemblablement d’entrepôts (Bragny-sur-Saône en Saône-et-Loire) ou d’autres formes d’habitat princier comme à Bourges, où plusieurs tombes à vaisselle de bronze importées ont été découvertes au XIXe siècle.
La civilisation du Premier âge de fer se caractérise par l’importance des exportations de produits du bassin méditerranéen, un rituel complexe et solennel dans la pompe des funérailles et une forte personnalisation du pouvoir dynastique. Les palais des princes nous restent mal connus, car les citadelles fouillées n’en ont pas livré. Quelques indices attendent confirmation : au Wittnauerhorn, en Suisse, deux maisons centrales plus grandes que les autres pourraient être la résidence des maîtres ; à la base du tumulus de Giessübel-Talhau, près de la citadelle de la Heuneburg, le plan d’une vaste demeure aurait été reconnu.
La Tène
La Tène ou Second âge du fer est une période succédant au Hallstatt et marquant la fin de la Protohistoire. Elle tire son nom d'un site archéologique découvert en 1857 à Marin-Epagnier, sur la pointe nord-est du lac de Neuchâtel, à l'embouchure de la Thielle, dans le canton de Neuchâtel en Suisse. La Tène donne l'adjectif « laténien(ne) ».
Historique
La fin de la période de La Tène marque le début de la guerre des Gaules en 58 avant J-C.
Les fouilles de La Tène ont débuté en 1857 après la correction des eaux du Jura qui a abaissé le niveau du lac de Neuchâtel de près de 3 mètres. Conduites par le colonel Friedrich Schwab, elles ont permis la découverte de nombreuses armes (épées) et parures. Deux ponts qui passaient sur l’antique rivière Thielle sont les points d’offrande d’un vaste sanctuaire de plein air.
Le site livra une importante quantité d'objets et plusieurs habitats protohistoriques. Il donna son nom au Second âge du fer en 1872, lorsque l'archéologue suédois B. E. Hildebrand élabora une chronologie de la Protohistoire européenne, tandis que l'âge du fer ancien était nommé Hallstatt.
Systèmes chronologiques
Système de Tischler
En 1881, Otto Tischler proposa de subdiviser la période de La Tène en trois phases en fonction de la forme des épées et des fibules :
- phase ancienne -400 à -300 : fibule à pied libre (Duchkov) et épée à pointe effilée avec fourreau à bouterolle circulaire
- phase moyenne -300 à -100 : fibule à pied rattaché au sommet de l'arc, épée plus longue et fourreau à bouterolle pointue ou légèrement arrondie
- phase récente -100 au début de l'ère chrétienne : fibule avec cadre en guise de porte ardillon, épée à bout arrondi, de taille uniquement.
Ce système a servi par la suite de base pour les chronologies régionales.
Systèmes allemand (Reinecke) et français (Déchelette)
La période a néanmoins été découpée à nouveau en quatre phases par Paul Reinecke en 1902 pour l'Allemagne, et par Joseph Déchelette qui corrige la chronologie de Tischler en 1914 pour la France. Déchelette ajoute notamment une phase « la Tène IV » pour les Îles Britanniques :
- La Tène I (à partir de la seconde moitié du Ve siècle av. J.-C.)
- La Tène II/III (jusqu'à la conquête romaine)
- La Tène IV (réservée aux Îles Britanniques)
En 1944, Paul Jacobsthal publie sa chronologie dans Early Celtic Art. Elle est fondée sur l'observation de quatre styles artistiques propres à l'espace celtique :
- Style ancien : -500 à -400
- Style de Waldalgesheim : -400 à -300
- Style plastique : début du IIIe siècle
- Style des épées hongroises : début du IIIe siècle
Synthèse
On pourrait gloser ainsi :
- 460 av JC - 400 av JC : La Tène A ou La Tène I précoce
- 400 av JC - 320 av JC : La Tène B1 ou La Tène I moyenne
- 320 av JC - 260 av JC : La Tène B2 ou La Tène I tardive
- 260 av JC - 150 av JC : La Tène C ou La Tène II
- 150 av Jc - 30 av JC : La Tène D ou La Tène III
La civilisation celtique de La Tène atteint les Balkans, la Grèce (prise de Delphes en -279), l’Asie Mineure (Galates en -275) la Gaule tout entière (entre la Garonne et la Seine, v. -500), l’Espagne (Celtibères, v. -500).
Conséquence d’une crise interne, de la réorganisation des circuits commerciaux ou des luttes entre Grecs et Étrusques pour le contrôle des échanges, les citadelles des Celtes du Premier âge du fer, poumon des relations commerciales sont abandonnées les unes après les autres vers -500 au profit d’un mode de vie plus rural dominé par une chefferie guerrière. Des régions se distinguent comme les nouveaux centres de la civilisation celtique au Ve siècle : la Rhénanie (culture de l’Hunsrück Eifel, la Bohême, la Champagne et les Ardennes). Une lente évolution se produit dans les coutumes et les productions. On trouve le stamnos étrusque (vase contenant le vin pur) dans les tombes riches du Ve siècle, à la Motte-Saint-Valentin (Haute-Marne) ou à Altrier (Luxembourg). Le miroir importé d’Étrurie, ou son imitation, est fréquent dans les sépultures féminines (Uetliberg, près de Zurich, la Motte-Saint-Valentin). Les mobiliers funéraires laissent entrevoir une moindre disparité sociale entre les puissants et le reste du peuple. Les importations méditerranéennes baissent, les bijoux sont moins somptueux. Les sépultures des chefs perdent de leur monumentalité, en conservant leur mobilier type : le poignard de parade fait place à la panoplie guerrière complète, le char à deux roues, plus léger et rapide, remplace le char de parade.
En Champagne, les vastes cimetières du Second âge du fer comportent, signe d’un peuplement dense, des tombes plates sans tumulus, creusées dans le sol crayeux. Les tessons de céramique retrouvés présentent des caractères régionaux « marniens » (vase de la Cheppe). Des œnochoés étrusques (Somme-Bionne, Somme-Tourbe et Sept-Saulx) attestent des relations avec l’Étrurie. Les hommes les plus importants (150 tombes) sont inhumés sur leur char à deux roues, généralement armés, et portent un casque pointu en bronze. Plus nombreux, les fantassins ne gardent que leurs armes : épées, lances et javelots. Les femmes ont des agrafes de ceinture, des fibules, des bijoux comme le torque, qui, porté dès l’adolescence, paraît investi d’une signification sacrée. Le Ve et le début du IVe siècle jouissent d’une grande stabilité, sensible dans les productions. La société semble assez égalitaire. La prédominance nette des tombes féminines marque cependant le départ progressif des hommes.
Le terme « Protohistoire » renvoie à plusieurs notions distinctes : d'une part, il a un sens méthodologique et s'applique à des populations ne possédant pas elles-mêmes l’écriture, mais qui sont mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains ; d'autre part, il a un sens chronologique et désigne en Europe, Scandinavie et Asie centrale la période correspondant aux âges des métaux (âge du bronze et âge du fer). En outre, le sens du terme intègre aujourd'hui des paramètres économiques et sociaux et s'applique désormais aux populations ayant adopté une économie de production.
Émergence et évolution de la notion de Protohistoire
La Préhistoire a été initialement définie comme la période comprise entre l’apparition de l’Homme et l’apparition des premiers documents écrits. Si l'Histoire commence avec l'écriture, celle-ci n'apparaît toutefois pas simultanément dans toutes les régions du monde. La notion de Protohistoire a donc été introduite initialement pour nommer l'étape au cours de laquelle des populations ne possèdent pas elles-mêmes l’écriture, mais sont mentionnées par des textes émanant d’autres peuples contemporains : c'est le cas par exemple des Gaulois d'avant la conquête romaine, décrits par des auteurs grecs et latins.
Appliquée à l'Europe occidentale, la Protohistoire (au sens méthodologique) a pris un sens chronologique pour désigner une période postérieure à la Préhistoire et antérieure à l'Histoire, correspondant aux âges des métaux : âge du bronze et âge du fer. Certains auteurs incluent parfois l'âge du cuivre ou Chalcolithique à la Protohistoire mais ce dernier est souvent rattaché à la fin de la Préhistoire. Le tableau schématique en bas de l'article fait exclusivement référence à cette acception chronologique de la Protohistoire.
Définition actuelle
Par la suite, la définition de la Protohistoire a intégré des paramètres économiques et sociaux. Ainsi, la Protohistoire désigne aujourd'hui pour la majorité des auteurs une période durant laquelle la subsistance des populations humaines est assurée par la production. Les groupes d’éleveurs et d’agriculteurs, souvent sédentaires, exploitent des ressources qu’ils maîtrisent et qu’ils gèrent en partie. Selon cette acception, la période comprend chronologiquement les subdivisions suivantes[1] :
La Protohistoire est caractérisée par une structuration croissante de la société (modification de l’habitat, agglomération, socialisation avancée, hiérarchisation, pouvoir administratif, économie avancée, monnaie, échanges commerciaux, etc.) et par une maîtrise progressive de la métallurgie à partir de la fin du Néolithique. Elle s'intercale entre :
- d'une part la Préhistoire qui la précède et concerne les populations dont la subsistance est assurée par la prédation. Les groupes de chasseurs-cueilleurs, pêcheurs, collecteurs exploitent des ressources naturelles disponibles sans les maîtriser. La Préhistoire stricto sensu comprend alors le Paléolithique et l’Épipaléolithique.
- d'autre part l'Histoire, qui lui succède et concerne les populations de producteurs ayant adopté l'écriture mais aussi le plus souvent un pouvoir centralisé.
Le Mésolithique est une période de la Préhistoire qui succède à l'Épipaléolithique, il y a environ 10 500 ans. Elle est marquée par de tels changements économiques et sociaux que certains auteurs en font la première phase de la Protohistoire européenne. Cette période de l'Histoire humaine correspond à la période climatique du Boréal (selon la Classification de Köppen) marquée par le développement de la forêt. Elle voit la sédentarisation des populations épipaléolithiques qui développent très progressivement une agriculture sans domestication des espèces végétales, au côté des activités de prédation. Le Mésolithique, s'achevant avec la mise en place progressive des espèces végétales et animales domestiques lors du Néolithique européen, perdure jusqu'à environ 4 300 BP en Europe septentrionale[1].
Le terme « Mésolithique » vient du grec μεσος / mesos (moyen) et Λίθος / lithos (pierre). Il peut donc se traduire littéralement par « âge moyen de la pierre ».
Le Mésolithique est caractérisé par un certain nombre de changements comportementaux des groupes humains. Si certains de ces changements (réduction des territoires de chasse, développement de l'arc…) paraissent fortement liés aux modifications du milieu conséquents au réchauffement climatique post-glaciaire (reconquête forestière, disparition des grands herbivores migrateurs tels que le mammouth, le renne…), d'autres (bouleversement dans les représentations artistiques et symboliques, développement du microlithisme…) semblent liés aux dynamiques internes d'évolution des groupes humains [2] .
Ceux-ci conservent un mode de vie nomade ; cependant l'abondance et la diversité des ressources par rapport à l'âge glaciaire favorisent des déplacements sur des territoires plus restreints selon des rythmes saisonniers. Un campement a ainsi des chances d'être occupé d'année en année à une saison donnée pour effectuer des opérations plus ou moins spécifiques au site. L'idée de sites « agora » qui auraient accueilli à des moments clefs des rassemblements de groupes vivant séparément le reste du temps mais partageant des frontières et des intérêts communs (échange de matériau par don / contre-don, exogamie, chasse demandant des effectifs importants pour des battues…) a été avancé par certains chercheurs mais reste difficile à prouver.
Les contacts entre les groupes sont néanmoins avérés par la diffusion de traits culturels (apparition du débitage Montbani, développement des trapèzes au sein du groupe des armatures de flèches…) sur des territoires importants. Les innovations semblent essaimer de proche en proche avec traduction et ré-interprétation du groupe receveur en fonction de son propre système technique préexistant, ainsi que les possibilités mécaniques des matériaux à sa disposition.
L’emploi de l’arc et de la flèche, en particulier, se généralise sur le continent européen et en Afrique. La microlithisation des armatures de chasse s'accentue par rapport à la période précédente. Ces petits éléments sont en règle générale réalisés en fracturant des lames essentiellement débitées dans du silex (mais également dans de l'obsidienne, des quartz…). Au début du Mésolithique, les armatures les plus courantes sont les pointes. Le stade moyen (autour de 8 000 BP) voit le développement des armatures triangulaires alors que pour la période récente (6 500 BP), ce sont les trapèzes qui dominent les assemblages. L'utilisation de l'ensemble de ces armatures comme pointes de flèches est totalement hypothétique car les tubes supports (branches de bois) ont depuis longtemps disparu. Les découvertes de flèches complètes (tube et armature) sont rarissimes[3].
La chasse de petits mammifères et la consommation de mollusques (escargots, etc.) se développent. En milieu côtier, la récolte de coquillages est assez développée et donne parfois lieu à la formation d'amas coquilliers (accumulation des déchets) qui ont pu servir de lieu de vie et parfois de sépultures.
Les principaux groupes mésolithiques, correspondant sans doute plus à des entités techniques qu'à de véritables cultures, sont le Sauveterrien, le Tardenoisien ou le Castelnovien en France, le Maglemosien et l'Ertebölien au Danemark.
Sépulture de Théviec – Muséum de Toulouse
Fin du Mésolithique
La fin du Mésolithique est caractérisée par le passage d'une économie mêlant chasse et agriculture embryonnaire à une économie agro-pastorale résultant de la domestication lors du processus de néolithisation. Le Mésolithique s'achève au plus tôt avec le début de la culture d'Argissa en Thessalie vers 7 800 BP et au plus tard vers 4 300 BP en Europe septentrionaleL'Épipaléolithique est la dernière phase de la Préhistoire, succédant au Paléolithique supérieur il y a environ 12 500 ans.
Sa définition est complexe et fait intervenir des éléments chronologiques, climatiques, environnementaux, sociaux et techniques. L'Épipaléolithique est marqué par la fin des temps glaciaires et un radoucissement généralisé, accompagné en Europe d'un important développement du couvert forestier et donc d'une modification des faunes (disparition des espèces grégaires de milieu ouvert, en particulier du renne, et développement des espèces forestières, notamment le cerf ou le sanglier).
Le mode de vie des groupes humains de l'Épipaléolithique s'inscrit dans la continuité de ceux du Paléolithique et leur économie est toujours celle de groupes de chasseurs-cueilleurs. Toutefois, les changements environnementaux vont induire un certain nombre d'adaptations techniques (généralisation de l'arc, plus adapté à la chasse en forêt, et donc production d'armatures en silex de dimensions réduites mais toujours aux dépens de lames) ou comportementales (développement de la chasse individuelle, à l'affût ; exploitation de ressources plus diversifiées).
À la culture magdalénienne, stable et généralisée sur l'ensemble du continent européen, aisément identifiée par son industrie et son art pariétal et mobilier spectaculaire, succèdent des cultures matérielles plus localisées et changeant plus rapidement. Les expressions artistiques se font nettement plus discrètes (galets striés ou peints) et sont rarement figuratives.
En Europe, les principaux groupes épipaléolithiques sont l'Azilien, l'Ahrensbourgien, le Valorguien, le Montadien, les groupes de la Long Blade Technology, le Laborien, les groupes à Federmesser et le Tjongérien. L'Épipaléolithique du Maghreb est également diversifié et comporte différents faciès, dont l'Ibéromaurusien et le Capsien.
Il y a un peu plus de 10 000 ans, les cultures mésolithiques d'Europe occidentale et septentrionale (Sauveterrien, Tardenoisien, Castelnovien, Maglemosien, Ertebölien...) succèdent aux groupes épipaléolithiques locaux.
Blog Archive
Website powered by Blogger and Trily Blogger theme designed by TopTut.com & Converted by Ritesh Sanap.
