Tache solaire


Taches solaires.

Une tache solaire (anglais: sunspot) est une région sur la surface du Soleil (photosphère) qui est marquée par une température inférieure à son environnement et à une intense activité magnétique. C'est son champ magnétique qui inhibe la convection par un effet similaire aux freins à courants de Foucault[réf. nécessaire], ralentissant ainsi l'apport de chaleur venant de l'intérieur du Soleil (dans cette zone), formant des zones où la température de surface est réduite.
C'est essentiellement la baisse de température de la tache relativement à son environnement qui la rend visible, l'émission de la tache étant de ce fait moins intense (la loi de Stefan-Boltzmann dit que l'émission d'une région de température T est proportionnelle à T4)1.


Cycles des taches solaires

Les taches solaires révèlent la convection du plasma solaire : cette matière ionisée forme des cellules de convections, ses flux plongeant au niveau de l'équateur et remontant au niveau des pôles. Avec une vitesse moyenne de 65 km/h, ces flux de plasma mettent onze années pour boucler la cellule de convection et sont à l'origine du cycle solaire2. Ce cycle solaire se traduit par une forte modulation du nombre de taches solaires visibles. De plus, on observe une modulation à plus grande échelle de temps de l'activité solaire par ses taches : le nombre maximum de taches solaires visible au maximum du cycle solaire varie au cours du temps et est corrélé avec la variation des champs magnétiques solaires. Le cœur du petit âge glaciaire, couvrant la période 1550-1850 a ainsi été marquée par un très faible nombre de taches solaires, voire une disparition complète de celles-ci aux alentours de 1665-1700.

Précautions observations historiques des taches solaires

Image d'une tache solaire obtenue par le télescope spatial TRACE.

La première observation avérée de taches solaires remonte à l'an -28, en provenance de Chine. Des observations régulières sont relatées en provenance du monde chinois (comprenant l'actuelle Chine, ainsi que le Japon et la péninsule coréenne) à partir du début du ive siècle3. Ces témoignages extrêmes orientaux comparent souvent la taille des taches à divers objets de la vie courante, notamment des fruits. Il semble avéré qu'un système de conversion entre taille moyenne de ces objets et taille angulaire des taches existe, bien que celui-ci ne soit pas connu avec certitude. Une estimation récente faite par des auteurs européens suggère que la taille angulaire correspondante était donnée par la taille angulaire des-dits objets observés à une distance d'environ 100 mètres4. Les moyens mis en œuvre pour réaliser de telles observations ne sont à l'heure actuelle (2008), pas connus. Il est possible que les observateurs aient bénéficié de conditions favorables issues de diversestempêtes de sables en provenance du désert de Gobi ou du bassin du Tarim. Une autre hypothèse est que les observations aient été permises par des instruments rudimentaires filtrant la lumière solaire à l'aide de jade ou de mica, bien qu'aucune mention de tels instruments ne soit parvenue jusqu'à nous.

Europe

Scheiner étudiant les taches solaires 1625.

En Europe, les observations anciennes de taches solaires sont extrêmement peu nombreuses. Il semble vraisemblable que ce soit une conséquence du dogme aristotélicien de l'immuabilité des cieux, qui ne fut battu en brêche qu'à la fin du xvie siècle par l'observation de la supernova historique SN 1572 par Tycho Brahe. De ce fait, si des mentions existent dans l'Antiquité grecque (par exemple par Théophraste d'Athènes), divers autres témoignages interprètent mal la nature de ces taches, les assimilant à des transits des planètes Mercure et Vénus, voire d'hypothétiques « lunes solaires », sans doute en raison de la prévalence du dogme aristolécien. En fait, durant tout le Moyen Âge, seules deux observations européennes de taches solaires sont répertoriées, en 1367 et 1371, en provenance de Russie. Ces observations furent semble-t-il rendues possibles par la présence d'importants feux de forêts ayant suffisamment obscurci l'atmosphère de cette région pour permettre l'observation détaillée du disque solaire5.

Ces taches solaires furent également observées, en 1611, par Christoph Scheiner à l'aide de verres teintés6 et Galilée grâce à sa lunette astronomique et un système de rétroprojection sur écran7. Ce dernier en fit un de ses arguments pour combattre le système géocentriqued'Aristote selon lequel le Soleil est un astre parfait, ce qui est incompatible avec l'idée de taches.

Le plus important groupe de taches solaires observé à ce jour est apparu en avril 19478. Il était composé de deux taches principales et plusieurs taches plus petites, et couvrait plus de 1% du disque solaire.

Intérêt scientifique

Une tache solaire (Lunette Jean Rösch - Observatoire du Pic du Midi).

Les statistiques sur les taches solaires existent en Europe à partir du début du xviie siècle, sans qu'il soit aisé de déterminer la fiabilité des observations les plus anciennes. Les données sont considérées comme réellement statistiquement fiables uniquement à partir de 1850. La mention de la disparition quasi-complète des taches solaires sur la période 1645-1715 est généralement attribuée à Edward Maunder (1890)9, et porte de ce fait le nom de minimum de Maunder, bien qu'en réalité ce minimum ait été découvert trois ans plus tôt par Gustav Spörer, cité d'ailleurs par Maunder10. Les statistiques des taches solaires révèlent aussi un autre minimum dans leur nombre, allant de 1800 à 1835 et appelé minimum de Dalton.

Sonde spatiale

Une sonde spatiale est un véhicule spatial sans équipage lancé pour étudier à plus ou moins grande distance les corps célestes qui se trouvent dans le système solaire : planète, lune,comète, astéroïde) et le milieu interplanétaire ou interstellaire. Elle se distingue des autres engins spatiaux non habités qui restent en orbite terrestre. Les sondes spatiales peuvent prendre un grand nombre de formes pour remplir leur mission : orbiteur placé en orbite autour du corps céleste observé, atterrisseur qui explore in situ le sol de la planète cible. Une sonde peut emporter des engins autonomes pour accroitre son champ d'investigation : sous-satellite, impacteur, rover, ballon.

Une sonde spatiale peut être amenée à franchir de grandes distances et à fonctionner loin de la Terre et du Soleil ce qui impose des dispositifs spécifiques. Elle doit disposer de suffisamment d'énergie dans des régions ou le Soleil ne fournit plus qu'une énergie limitée, disposer d'une grande autonomie de décision car l'éloignement du centre de contrôle ne permet plus aux opérateurs humains de réagir en temps réel aux événements, résoudre des problèmes de télécommunications rendus difficiles par l'éloignement et survivre dans un environnement qui malmène l'électronique embarquée. Enfin pour parvenir à destination à un cout supportable, la sonde spatiale est amenée à utiliser des méthodes sophistiquées de navigation : assistance gravitationnelle, aérofreinage.

Les premières sondes spatiales sont les sondes Luna lancées vers la Lune par l'Union soviétique en 1959. En 1961 l'Union Soviétique lance Venera la première sonde amenée à étudier une autre planète. La construction des sondes spatiales nécessite des connaissances techniques très spécifiques dont les États-Unis sont l'acteur dominant. L'Agence spatiale européenne (Mars Express, Venus Express, Rosetta, participation à la sonde Cassini-Huygens) et le Japon (Hayabusa, SELENE) jouent un rôle croissant. La Russie qui était leader au début de l'ère spatiale, n'a plus de rôle actif depuis une quinzaine d'années. Pour pallier un coût de développement élevé (jusqu'à plusieurs milliards de $), la réalisation des sondes spatiales fait souvent l'objet d'une coopération internationale.


Une sonde spatiale est un véhicule spatial lancé sans équipage humain dont l'objectif est d'explorer le
système solaire : planète, lune, comète, astéroïde, milieu interplanétaire ouinterstellaire. Sa charge utile est constituée d'instruments scientifiques de différentes natures - caméras fonctionnant ou non en lumière visible, spectromètres, radiomètres,magnétomètres,... - qui permettent de collecter des données in situ ou à distance qui sont ensuite transmises vers la Terre. Si dans son architecture générale une sonde spatiale est souvent proche d'un satellite artificiel en orbite autour de la Terre, plusieurs caractéristiques en font des engins particuliers :

Définition

  • La distance entre les opérateurs au sol et l'engin qui impose une grande autonomie
  • La complexité des taches à enchainer : atterrissage sur des corps célestes pourvus d'une atmosphère ou ayant une gravité très faible, pointage précis des instruments sur des cibles défilant à grande vitesse, collecte d'échantillons, procédures de sauvegarde en cas de défaillance
  • La précision et la complexité de la navigation
  • La résistance au rayons cosmiques
  • La sophistication de l'instrumentation scientifique liée à la nécessité d'alléger la charge utile et aux performances exigées
  • La faiblesse de l'énergie solaire disponible si la sonde est à destination des planètes externes
  • Des températures beaucoup plus extrêmes lorsque la sonde est envoyée vers les planètes extérieures ou en deçà de l'orbite de Mercure
  • La durée de la mission qui peut débuter après un transit allant jusqu'à une dizaine d'années.


Depuis maintenant 52 ans (2011), ces engins sont envoyés avec un taux d'échec élevé vers des planètes plus ou moins lointaines. Leurs observations font autant rêver le grand public que les scientifiques. Mais le nombre exact de sondes lancées dans l'espace reste très difficile à appréhender. Le tableau récapitulatif qui suit donne un bref aperçu des moyens engendrés pour explorer le système solaire :

Chronologie non-exhaustive de certaines sondes spatiales ayant réussi leur mission
NomDépart ArrivéeDestination principaleObjectif
Luna 310/1959LuneLuna 3 fut le premier essai concluant de lancement de sonde spatiale par les soviétiques. Elle a réussi une orbite autour de la Lune et parvint à envoyer les premières photos de sa face cachée.
Voyager 1 & 209/1977Jupiter etSaturne,Uranus etNeptune(Voyager 2)Ces deux sondes, lancées à 15 jours d'intervalle, nous ont énormément appris sur la géographie, la constitution des planètes, les satellites de Jupiter et de Saturne. Actuellement, Voyager 1 s'enfonce indéfiniment dans l'espace. C'est le premier objet de réalisation humaine à avoir quitté le système solaire. Elle se situe à 12 milliards de kilomètres de la Terre. Quant à Voyager 2, elle a été reprogrammée à distance pour rejoindre Uranus et Neptune et nous a encore beaucoup appris sur ces deux planètes.

Pour le cas où l'une de ces deux sondes serait un jour recueillie par les représentants d'une autre civilisation, elles contiennent chacune un vidéodisque renfermant une encyclopédie audiovisuelle de la Terre.

Galileo10/198912/1995Jupiter et ses satellitesGalileo a permis une étude complète du système jovien et notamment une connaissance approfondie de l'atmosphère de Jupiter et du volcanisme deIo, l'un de ses satellites.
Magellan05/198908/1990VénusMagellan a été envoyée en orbite autour de Vénus pour cartographier sa surface avec une résolution élevée, de l'ordre de la centaine de mètres.
SoHO12/1995Point de Lagrange L1du système Soleil-TerreEntre le Soleil et la Terre, à 1,5 million de kilomètres de la Terre, Soho a permis de comprendre la structure interne du Soleil, son atmosphère externe et l'origine du vent solaire.
Mars Global Surveyor11/199609/1997MarsMars Global Surveyor a observé et photographié avec précision la surface de Mars et en a permis une représentation relativement fidèle. Elle a aussi semé la polémique au sujet d'éventuels « preuves » de la présence passée d'eau liquide sur Mars.
Cassini-Huygens10/199707/2004Saturne etTitanCassini-Huygens entre autres réalisation de l'analyse des atmosphères de Titan et de Saturne, aide à la compréhension du rayonnement de Saturne (cette planète rayonne 79 % de plus d'énergie qu'elle n'en reçoit du Soleil), atterrissage du module Huygens sur Titan (premières photos du sol de la lune et composition).
Mars Odyssey04/200110/2001MarsMars Odyssey a exclusivement aidé à la compréhension des mécanismes climatiques et géologiques ainsi qu'à l'environnement radiatif de Mars.
Genesis08/200109/2004Point de Lagrange L1du système Soleil-TerreL'objectif de Genesis était de capturer des parcelles de « vent solaire ». Son retour sur Terre a eu lieu le 10 septembre 2004. Les parachutes devant freiner son entrée dans l'atmosphère n'ont pas fonctionné et la sonde s’est écrasée dans le désert de l'Utah, percutant le sol à 300 km/h. Toutefois, il semble qu'une partie des échantillons soit récupérable. Cette sonde est la première à ramener de la matière d'au-delà de la Lune.
Mars Express06/200312/2003MarsLa sonde européenne Mars Express est la première à cartographier en trois dimensions la surface de Mars. Elle a notamment confirmé l'existence d'eau sur Mars en janvier 2004.
Venus Express09/2005VénusLa sonde Venus Express lancée le 9 novembre 2005 à 3h33 depuis Baïkonour à l'aide d'une fusée russe Soyouz-Fregat pour objectif d'étudier la planète Vénus et son atmosphère. Son voyage dans l'espace dura 153 jours, jusqu'au 11 avril 2006. Une fois capturée par la gravité vénusienne, Venus Express prit 5 jours pour manœuvrer vers son orbite opérationnelle, faisant une boucle au-dessus des pôles de la planète. À son plus proche, elle atteignit une altitude de 250 kilomètres et à son plus loin, elle sera à 66 000 kilomètres de la planète. La mission devait durer 2 jours (sidéraux) vénusiens, soit environ 500 jours terrestres.

Impacts sur des corps du système solaire

Des sondes spatiales sont allées se poser ou se sont écrasées sur des objets su système solaire, planètes, satellites, astéroïdes ou comètes. Le tableau récapitulatif suivant en donne une liste avec la première sonde les ayant frappés :

Chronologie exhaustive des corps touchés
Nom de l'objet touchéNom de la sondeDate de l'impactDescription
LuneLuna 2 ou Lunik 2 Drapeau de l'URSS URSS13/09/1959Luna 2 fut le premier objet construit par l'homme à entrer en collision avec un autre corps du système solaire.
VénusVenera 3 Drapeau de l'URSS URSS01/03/1966Contact perdu avant l'atterrissage, premier impact sur une autre planète.
MarsMars 2 Drapeau de l'URSS URSS19/05/1971Échec de la mission, impact sur mars.
PhobosPhobos 1 Drapeau de l'URSS URSS01/09/1988Impact sur Phobos satellite de Mars, échec de la mission.
ÉrosNear Drapeau des États-Unis NASA14/02/2000Atterissage en douceur sur l'astéroïde Éros, non prévu au départ !
JupiterGalileo Drapeau des États-Unis NASA21/10/2003En fin de mission impact sur la planète Jupiter pour éviter une rencontre éventuelle avec Europe qui pourrait être polluée.
Tempel 1Deep impact Drapeau des États-Unis NASA04/07/2005Impact sur la comète Tempel 1.
ItokawaHayabusa Drapeau du Japon ISAS19/10/2005Atterissage sur l'astéroïde Itokawa dans le but de ramener des échantillons.
TitanHuygens Drapeau : Union européenne ESA12/01/2007Atterrissage en douceur sur le plus gros satellite de Saturne.

Quelques missions en cours

Chronologie non-exhaustive de certaines sondes spatiales en cours de mission
NomDépart ArrivéeDestination principaleObjectif
Rosetta03/200405/2014Comète Tchourioumov-GuerassimenkoLa sonde Rosetta lancée le 2 mars 2004 par une Ariane 5 G+ a pour objectif d'étudier une comète, par une mission d'observation de 18 mois, mais aussi et surtout en lâchant un atterrisseur devant se poser à la surface du noyau. Sa trajectoire la fait bénéficier à trois reprises de l'assistance gravitationnelle de la Terre (2005, 2007 et 2009), et une fois de celle de Mars (2007). Au cours de son voyage jusqu'à Tchourioumov-Guerassimenko, elle devrait également étudier les astéroïdes (2867) Šteins et 21 Lutetia.
New Horizons01/200607/2015Pluton et son satellite CharonLa sonde New Horizons (« Nouveaux Horizons ») lancée le 16 janvier 2006 par la NASA est une mission ambitieuse destinée à survoler Pluton et son satellite Charon en juillet 2015 (ainsi que deux autres petits satellites détectés en mai 2005), puis à poursuivre son voyage vers la ceinture de Kuiper qui constitue l'ultime limite du système solaire. New Horizons est de fait l'engin le plus rapide jamais envoyé dans l'espace passant au large de Jupiter à plus de 50 000 km/h et atteignant ensuite, par effet d'assistance gravitationnelle, une vitesse proche de 75 000 km/h (21 km/s).